JP Morgan relève sa cible or à 6 300 $/oz
Après le crash historique du 30 janvier 2026, JP Morgan surprend en relevant sa cible or à 6 300 $ pour fin 2026. Analyse des drivers fondamentaux.

Le contexte : un crash historique
Le 30 janvier 2026, l'or a connu sa pire journée depuis 1983, chutant de plus de 9,8% en une seule séance. Le métal jaune est passé sous les $5,000/oz après avoir atteint un sommet historique proche de $5,600 quelques jours plus tôt. Au total, l'or et l'argent ont perdu près de $1 trillion de capitalisation boursière combinée en 24 heures.
Le déclencheur de cette correction brutale fut la nomination par le président Trump de Kevin Warsh comme nouveau président de la Réserve fédérale. Warsh, réputé pour ses positions hawkish, a immédiatement rassuré les marchés sur l'indépendance de la banque centrale américaine. Le dollar s'est renforcé, déclenchant des prises de bénéfices massives après un rallye parabolique de 66% sur l'année 2025.
La correction a été amplifiée par des facteurs techniques : indicateurs surachetés depuis des semaines, relèvement des exigences de marge par le CME, appels de marge forçant les traders à effet de levier à liquider leurs positions. Quand la volatilité a explosé, la liquidité s'est évaporée et le trade surchargé s'est dénoué brutalement.
La réponse audacieuse de JP Morgan
Quelques heures seulement après cette débâcle, JP Morgan a surpris les marchés en relevant sa cible or à $6,300/oz pour fin 2026 — soit un potentiel de hausse de 35% par rapport aux niveaux post-crash.
"Nous restons fermement convaincus d'un positionnement haussier sur l'or à moyen terme" — JP Morgan, note du 3 février 2026
Cette annonce place JP Morgan dans le haut de la fourchette des prévisions de Wall Street, et témoigne d'une conviction renforcée malgré — ou peut-être grâce à — la volatilité récente.
Les drivers fondamentaux selon JP Morgan
1. Les banques centrales restent le moteur principal
JP Morgan prévoit 800 tonnes d'achats officiels d'or en 2026, citant "une tendance continue et non épuisée de diversification des réserves". Les trois dernières années ont vu des achats records dépassant 1,000 tonnes annuellement. Même si 2026 marque un léger recul en volume, le niveau reste très élevé comparé aux moyennes pré-2022 (400-500 tonnes). La banque souligne que les banques centrales n'ont simplement plus besoin d'acheter autant de tonnes pour atteindre leur allocation cible, les prix ayant doublé.
2. Une offre structurellement inélastique
Malgré un doublement des prix depuis 2022, la production minière mondiale ne répond pas à la hausse. Cette rigidité de l'offre crée un déséquilibre favorable aux prix.
3. Un changement comportemental des investisseurs
JP Morgan observe que les ménages substituent progressivement le "risque de duration" des obligations longues par de l'or. Le stratège Nikolaos Panigirtzoglou résume cette tendance : les investisseurs acceptent de renoncer à du rendement "pour posséder quelque chose qui n'est la dette de personne".
Évolution des prévisions JP Morgan
| Date | Cible fin 2026 | Commentaire |
|---|---|---|
| Décembre 2025 | $5,000/oz (base) | Scénario conservateur |
| Décembre 2025 | $8,000-$8,500/oz (bull case) | Si allocation ménages passe de 3% à 4,6% |
| 3 février 2026 | $6,300/oz | Nouveau consensus post-crash |
En décembre 2025, la banque prévoyait un scénario de base à $5,000/oz et un bull case à $8,000-$8,500. Le relèvement à $6,300 confirme que JP Morgan penche désormais vers le scénario optimiste tout en restant mesuré.
Conclusion
Malgré le crash, l'or reste en hausse de 8% depuis le début 2026. Les fondamentaux — risque géopolitique, dette américaine record, préoccupations monétaires — demeurent intacts. La décision de JP Morgan de relever sa cible immédiatement après le pire crash en 40 ans envoie un signal fort : pour la banque, cette correction représente une opportunité d'achat, pas un renversement de tendance.
Sources : TheStreet, Reuters, GoldSilver.com — 3 février 2026